• Le 01 octobre 2020

Mise au point d’outils de détection de l’immunité préexistante anti-Cas9 chez l’Homme

Les thérapies innovantes ciblant le génome humain (transfert de gène et ingénierie ciblée du génome) présentent un grand intérêt pour le traitement de maladies jusqu’ici incurables par des traitements pharmacologiques traditionnels. Ces biothérapies novatrices ont l’avantage d’être à la fois spécifiques et de modifier de manière ciblée un gène d’intérêt. Leur potentiel a, dans un premier temps, fait ses preuves pour le traitement de maladies rares monogéniques mais leur application s’étend désormais au traitement de maladies avec une plus forte prévalence telles que la maladie d’Alzheimer, la dégénérescence maculaire liée a l’âge (DMLA), le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires.

Parmi les vecteurs utilisés en transfert de gènes, le vecteur dérivé de l’adeno-associated virus (AAVr) est aujourd’hui considéré comme efficace pour le traitement de maladies génétiques comme en atteste l’autorisation de mise sur le marché du Luxturna®, Glybera® et Zolgensma® par la FDA (Food and Drug Administration) et l’EMA (European Medicines Agency). Pourtant, la translation de protocoles précliniques chez l’Homme a montré des limites liées à la réponse immunitaire de l’hôte. En effet, l’analyse de la réponse immune médiée par les lymphocytes T chez les patients traités a révélé la présence de cellules T préexistantes spécifiques de la capside de l’AAV. Après transfert de gène, ces cellules se sont réactivées et ont conduit à la destruction des cellules transduites. Tout comme pour l’AAVr, l’immunité préexistante dirigée contre le système CRIPSR/Cas9 semble aussi montrer des limites. En effet, les homologues de la protéine Cas9 utilisés dans des stratégies d’ingénierie ciblée du génome sont dérivés de bactéries (Staphylococcus aureus (S. aureus) et Streptococcus pyogenes (S. pyogenes) pouvant infecter l’Homme et induire une réponse immune spécifique. De plus, des études menées chez le rongeurs ont montré que la protéine Cas9 délivrée à l’aide d’un vecteur AAV pouvait déclencher une réponse innée et cellulaire. Bien que certaines études utilisant le système CRIPSR/Cas9 soient déjà au stade préclinique, il apparait important d’étudier et de caractériser la réponse immune dirigée contre cette protéine avant tout transfert en clinique.

Ce projet de Master 2 vise à développer des outils de détection de l’immunité préexistante anti-Cas9 chez des donneurs humains sains. Les objectifs du stage consistent à :

  1. Optimiser un test ELISA ainsi qu’un test MSD (MesoScale Discovery) pour la détection d’anticorps anti-Cas9 dans du sérum ;
  2. Optimiser un test ELISpot et un test de prolifération cellulaire utilisant la cytométrie en flux pour détecter les cellules T anti-Cas9 préexistantes afin de déterminer leur fréquence et leur phénotype.

A terme, la caractérisation et la compréhension de cette immunité anti-Cas9 préexistante contribuera au développement de stratégies d’édition de gène moins immunogènes grâce à une immunomodulation ciblée.

  • Contact : Gwladys Gernoux
    e-mail : gwladys.gernoux@univ-nantes.fr
    Téléphone : +33 2 28 08 04 60